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La réforme de la politique scientifique française face à la mondialisation : l'émergence incertaine d'un nouveau référentiel d'action publique

Description

Différentes versions de ce texte ont été présentées, au Séminaire LEST Action publique 25/01/2002 ; au 12ème Colloque international Politiques et Management Public "L'action publique face à la mondialisation", Paris, 14-15/11/2002 ; au Colloque de l'AISLF "Science, Innovation technologique et Société", Dijon, 30/01-1/02/2003 ; au Colloque « Penser les politiques de recherche et leur institutionnalisation » de l'Institut Européen de l'Université de Genève et de l'Observatoire Science, Politique et Société de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, Coppet, 8-9 octobre 2003.

International audience

L'enjeu principal de cette contribution tient dans sa tentative de rendre compte du travail de médiation qui articule des répertoires d'interprétation du monde la recherche et de la technologie à la formulation des politiques publiques et, en particulier, des réformes récentes. Autrement dit, il s'agit d'analyser le passage d'une posture analytique à des préconisations normatives. Dans cette perspective, les rapports d'experts tiennent une place cruciale. Les politiques scientifiques et les réformes qu'elles ont connues en France constituent un domaine d'élection pour une “approche cognitive” de l'action publique. En effet, ainsi que ce texte s'attachera à le montrer, l'analyse de ces réformes et, en arrière-plan, de la trajectoire du dispositif français de recherche et de technologie, est inséparable de l'appropriation des analyses produites par la sociologie et l'économie de l'innovation et des connaissances. Elles sont médiatisées par des rapports d'expertise commandités par les pouvoirs publics nationaux et/ou élaborées par les organisations internationales, au premier rang d'entre elles, l'OCDE. Comme dans d'autres domaines de l'action publique, l'élaboration des récentes réformes est souvent assimilée à une promotion des régulations marchandes. Certes, c'est bien la construction des années 50-70, qualifiée de ‘colbertiste' ou de ‘régulation administrée', qui est ainsi en jeu ; mais on peut avancer qu'une conception connexionniste de la science et de la technologie, mariant les réseaux et l'interaction tournées vers l'élaboration de projets, tend à prédominer. Dans les faits, c'est une pluralité de compromis et d'agencements entre différents principes de justification qui semble prévaloir. Il en résulte une forte indétermination des trajectoires sociétales.